Au nom de la Cité !
Par Guillaume de Prémare le mardi 15 mai 2012, 11:10 - Point de vue - Lien permanent
Le mariage n’est pas le bien propre des catholiques, c’est le bien commun de toute la Cité. Le défendre derrière des bannières catholiques contribuerait à le vider de sa substance commune et ferait tomber les promoteurs du bien commun dans un piège dialectique redoutable : apparaîtrait comme promotion du bien commun – sous le vocable rhétorique d’égalité des droits - une revendication catégorielle ; et comme revendication communautaire la promotion de ce bien commun qu’est le mariage. Les leaders d’opinion catholiques ont une responsabilité : celle d’éloigner la perspective d’un combat communautaire pour se mettre au service de la Cité.
Selon toute vraisemblance, un projet de loi visant à reconnaître le mariage entre personnes de même sexe – avec son corollaire qu’est l’adoption ouverte aux homosexuels - sera débattu au Parlement dans les prochains mois. Il s’agirait là d’un renversement anthropologique majeur puisqu’on s’apprête à brouiller un repère essentiel de la personne humaine : un papa, une maman. Et ce n’est pas une affaire de morale privée ou de choix personnels, c’est la base même de la construction sociale – à savoir l’institution familiale – qui serait affectée. L’affaire est grave, et elle concerne tous les citoyens, toute la société.
Une dialectique redoutable s’avance : celle de l’égalité des droits. Or, tous les citoyens sont titulaires des mêmes droits devant le mariage, sauf à inventer artificiellement le concept de « catégories de citoyens ». Il y aurait ainsi des « citoyens homosexuels » et des « citoyens hétérosexuels », les seconds bénéficiant de droits dont les premiers seraient privés. C’est une subversion de la Cité : il y a des citoyens « tout court » et la loi est faite pour tous, pas pour des catégories. Si la Cité n’est plus « une et indivisible », elle se trouve en danger, potentiellement perméable à toutes les revendications catégorielles et à tous les affrontements communautaires. Le comble, c’est que ce projet de déconstruction sociale soit présenté sous les apparences du bien commun, ici dialectisé sous le vocable trompeur de « l’égalité des droits ».
Pas une affaire religieuse
Je n’utilise pas d’argument religieux parce que cette affaire n’est pas une question religieuse, c’est l’affaire de la Cité. Les repères anthropologiques dont il est question ne sont pas au service d’une morale catégorielle. C’est donc un curieux paradoxe que le débat semble déjà prêt à s’enflammer sur le mode religieux : catholiques contre le reste de la société. Tandis que les uns préparent activement bannières et pancartes catholiques, les autres construisent un piège rhétorique redoutable : ceux qui prétendent imposer leurs revendications particulières à la Cité sont déjà présentés comme tenants du bien commun (« égalité des droits ») ; et ceux qui défendent le bien commun sont déjà présentés comme voulant imposer leur morale particulière à la Cité (une sorte de « charia catholique »). C’est un renversement dialectique saisissant.
Soyons clairs : le mariage n’est pas le bien propre des catholiques, c’est le bien commun de toute la Cité. Ici, le mariage religieux n’est pas en cause : rien ne justifie donc un positionnement de défense communautaire. Défiler derrière des banderoles catholiques constituerait non seulement une entorse à la vérité – en induisant que la question est religieuse - mais encore une erreur politique majeure, offrant sur un plateau aux promoteurs du renversement anthropologique les arguments de leur renversement dialectique visant à disqualifier d’emblée leurs contradicteurs.
La responsabilité des leaders d’opinion
C’est au nom de la Cité, et avec des citoyens de tous horizons, que le combat pour le mariage doit être mené. Les leaders d’opinion catholiques ont à cet égard une responsabilité grave : faire comprendre aux uns et autres que c’est comme citoyens qu’ils doivent se mobiliser. Ce n’est pas d’abord une affaire de sens politique, de communication ou de stratégie – choses nécessaires par ailleurs -, mais une affaire de vérité. Ce qui est en cause, c’est la vérité même du mariage comme bien commun. Ceux qui contribueraient à altérer cette vérité en agitant les "pulsions communautaires" porteraient une grave responsabilité. La bonne manière d’accomplir son devoir de catholique dans la Cité, c’est de se mettre au service du bien commun, avec sa liberté et sa responsabilité. Le catholique n’a pas de bien propre à défendre dans la Cité, car c’est la Cité elle-même qui constitue son bien,et ce bien est celui de tous.
Guillaume de Prémare
Commentaires
Enfin ! MERCI
Quelle que soit notre idée sur la question, je suis entièrement d'accord avec vous, ce n'est pas une histoire de religion !
"Défiler derrière des banderoles catholiques constituerait non seulement une entorse à la vérité – en induisant que la question est religieuse - mais encore une erreur politique majeure...".
Exactement comme la "marche pour la vie" ne semble concerner que les catholiques - et pourtant-, ce bouleversement annoncé de notre société semble ne pas poser question(s) à la majorité de nos concitoyens.
@ Antoinette
Il ne s'agit pas pour les catholiques de cacher le fait qu'ils sont catholiques, cela n'aurait pas de sens, il s'agit de mener une action non confessionnelle.
La marche pour la vie, à laquelle je participe chaque année, est non confessionnelle. Il y a beaucoup de catholiques c'est vrai, mais on ne saurait leur reprocher. Le débat sur l'avortement est devenu hyper-cloisonné car c'est la stratégie des tenants du droit à l'avortement. Ils veulent faire en sorte qu’il n’y ait plus de débat.
La question du mariage me semble encore pouvoir rassembler. Le repère simple "un papa, une maman" est encore dans le sens commun d'un grand nombre.
Et où situez-vous la parole de l'Eglise dans votre raisonnement ?
Au père PJ
Bien évidemment, l’Eglise parlera. Et elle parlera à tous – pas seulement aux catholiques – en se fondant non sur la morale catholique mais sur le bien commun. Cela me semble donc tout à fait dans la même ligne que ce que j’exprime ici.
Il est évident que dans le positionnement politique actuel il faut revenir à la distinction entre "agir en chrétien" et "agir en tant que chrétien". Agir en chrétien c'est promouvoir le Bien Commun avec tous les hommes de bonne volonté et donc la Parole de l'Eglise ne saurait être le référentiel "en tant qu'elle est de l'Eglise". Pour le chrétien en politique cette parole de l'Eglise est à annoncer "en tant qu'elle correspond au droit naturel". Notre morale catholique pour une grande partie ne demande pas d'appartenir à la communauté catholique pour y adhérer. Le Pape Benoit XVI le rappelait lors de son voyage en Allemagne dans son discours au Bundestag (22 sept 2011- texte disponible sur le site du Vatican). Dès l'origine, le christianisme a fait le choix de la philosophie audible par tous et non de la croyance seule pour penser ce qui est juste. La proposition de G. de Premare est là je pense une attitude intelligente pour espérer être audible et qui met en oeuvre une vraie conception chrétienne de la participation active des chrétiens au Bien Commun au nom de leur foi.
Je suis tout à fait d'accord avec Guillaume, cependant il faut éviter de trop tirer sur les catholiques, car si tous ceux qui sont ou se disent catholiques avaient une bonne connaissance de l'enseignement de l’Église et de "l'obéissance de la foi" nous n'en serions pas là ! le relativisme marque aussi de nombreux chrétiens ! il nous faut donc convaincre tous les hommes de bonne volonté du grave danger de cette dialectique de déconstruction sociale qui distingue des catégories de citoyens au prix d'arguments mensongers et subversifs, comme le dit fort bien Guillaume.
JAM
Il est évident qu’il est urgent de convaincre tous les hommes de bonne volonté du danger de cette déconstruction sociale qui est déjà amorcée depuis bien longtemps. Il s’agit surtout d’agir en chrétien pour promouvoir le Bien Commun, même s’il n’est pas superflu de rappeler aux catholiques les exigences de leur foi.
Mais comment contrer la dialectique perverse de l’égalité des droits ? Votre argument sur l’unité de la Cité me semble « réversible » , même s’il entraîne effectivement la possibilité qu’elle se voit contrainte de se soumettre à toutes les revendications catégorielles et à tous les affrontements communautaires, comme vous le dîtes.
En voulant « détacher » la loi de ses origines religieuses, on glisse peu à peu dans l’idolâtrie du désir.
Le désir, ne justifie pas le droit, car il va « n’importe où » et devient facilement vorace de choses, de temps et de personnes.
Le désir, même s’il nous est vitalement nécessaire, doit être maîtrisé et pour cela il doit être confronté à l’Ínterdit.
L’Interdit ne peut pas être décrété par les humains, sinon il est purement imposé par le plus fort.
Je ne crois pas que la « loi naturelle » serait une loi innée puisque les interdits majeurs varient selon l’espace et le temps – Cela voudrait dire que, profondément, la nature humaine varierait selon l’espace et le temps. Je crois que la « loi naturelle » est celle qui, révélée, peut être reconnue par tous en accord avec notre nature humaine, c'est-à-dire favorable à l’unité entre le corps et l’esprit et favorable à la vie collective en posant l’unité de valeur entre les personnes.
Le fond du problème est donc bien à quel Dieu, nous nous livrons ou nous nous confions… Est-ce le désir humain qui devient notre dieu ou est-ce une transcendance… et laquelle ????
A propos de la loi naturelle j'ai trouvé remarquable la contribution de la Commission théologique internationale dont voici le résumé :
« A la recherche d’une éthique universelle : nouveau regard sur la loi naturelle »
- Résumé du document rédigé par la Commission théologique internationale -
Y a-t-il des valeurs morales objectives capables d’unir les hommes et de leur procurer paix et bonheur ? Fondée sur la raison commune à tous les hommes, la loi naturelle est la base de la collaboration entre tous les hommes de bonne volonté quelles que soient leurs convictions religieuses. Certes, elle est de droit accessible à la raison humaine commune aux croyants et aux incroyants et l’Eglise n’en a pas l’exclusivité, mais, comme la Révélation assume les exigences de la loi naturelle, le magistère de l’Eglise en est constitué le garant et l’interprète.
Ce n’est que progressivement que la personne humaine accède à l’expérience morale et devient capable de se dire à elle-même les préceptes qui doivent guider son agir. Le bien qui s’impose ainsi est le bien moral. Mais, à la différence des êtres qui ne sont pas dotés de raison, la personne humaine est capable de reconnaître et d’intérioriser ces finalités, et donc d’apprécier, en fonction d’elles, ce qui est bon ou mauvais pour elle. Il ne s’agit donc pas tant de se soumettre à la loi d’un autre que d’accueillir la loi de son propre être.
La loi naturelle ne saurait être présentée comme un ensemble déjà constitué de règles qui s’imposent a priori au sujet moral, mais elle est une source d’inspiration objective pour la démarche, éminemment personnelle, de prise de décision. Le sujet moral peut mettre en oeuvre pratiquement les orientations de la loi naturelle sans être capable, en raison de conditionnements intellectuels particuliers, d’en discerner explicitement les fondements théoriques ultimes.
Dans la tradition théologique chrétienne, la personne présente deux aspects complémentaires et ne s’oppose pas à la nature. En scrutant l’intelligibilité de celle-ci, la personne découvre ainsi les chemins de son humanisation.
Le passage de la personne à la société éclaire la distinction essentielle entre loi naturelle et droit naturel. Par le fait que les hommes ont vocation à vivre en société avec d’autres, ils ont en commun un ensemble de biens à poursuivre et de valeurs à défendre. Quatre valeurs découlent des inclinations naturelles de l’homme et dessinent les contours du bien commun que la société doit poursuivre, à
savoir : la liberté, la vérité, la justice et la solidarité.
La « légitime et saine laïcité de l’Etat » consiste dans la distinction de l’ordre surnaturel de la foi théologale et de l’ordre politique. La Cité doit ainsi procurer aux personnes qui la composent ce qui est nécessaire à la pleine réalisation de leur vie humaine, ce qui inclut certaines valeurs spirituelles et religieuses, ainsi que la liberté pour les citoyens de se déterminer vis-à-vis de l’Absolu et des biens suprêmes.
La grâce ne détruit pas la nature mais elle la guérit, la conforte et la porte à son plein accomplissement. C’est donc à la lumière de la raison éclairée par la foi vive que l’homme saisit au mieux les orientations de la loi naturelle qui lui indiquent le chemin du plein épanouissement de son humanité. La découverte de la loi naturelle répond à la quête d’une humanité qui, depuis toujours, cherche à se donner des règles pour la vie morale et la vie en société. Nous devons parvenir à nous dire, par-delà les divergences de nos convictions religieuses et la diversité de nos présupposés culturels, quelles sont les valeurs fondamentales pour notre commune humanité, de manière à travailler ensemble à promouvoir compréhension, reconnaissance mutuelle et coopération pacifique entre toutes les composantes de la famille humaine.
Bonne lecture
JAM
Je suis l'auteur du texte refusant une "charia catholique": j'apprécie donc la volonté de G de Prémare d'éviter de faire de la question du mariage homosexuel un sujet d'affrontement entre les catholiques et le reste de la société. C'est bien d'une "affaire de la Cité " qu'il s'agit.
Toutefois je voudrais faire plusieurs observations:
- G de Prémare présente les catholiques comme "ceux qui défendent le bien commun" et possèdent "la vérité": c'est un présupposé qui signifie implicitement que seuls les catholiques sont détenteurs du bien commun et de la vérité: on en revient à l'expression d'une "charia"! Il me semble au contraire que le "bien commun" doit résulter d'un choix de tous à un instant donné après un débat qui me parait nécessaire et au cours duquel chacun pourra contribuer à la formation de ce choix.
- le "mariage" homosexuel (je préfèrerais personnellement le terme d'union civile) ne constituerait aucunement une "déconstruction" du mariage hétérosexuel (dans lequel je vis et mes 3 filles aussi) qui continuerait certainement à être la modalité très majoritaire de vie entre deux personnes. Il ajouterait simplement une autre modalité.
- il ne faut pas ignorer les réalités: j'ai par exemple comme voisins 2 couples homosexuels qui vivent depuis plus de 10 ans une union stable et discrète; l'un a même élevè une fille de l'un des membres et cela n'a posé aucun problème.
Par ailleurs pourquoi refuser l'adoption pour les couples homosexuels mais l'accepter pour une personne seule: est-ce mieux sur le plan de l'éducation de l'enfant?
Nous vivons maintenant dans une société plurielle dans laquelle il faut trouver les moyens de conjuguer une appartenance commune (celle du citoyen et des grandes valeurs qu'il porte) et des diversités de mode de vie.
Tant que les lois ne les obligent pas à des comportements contraires à leurs convictions je pense que les catholiques commettraient une erreur majeure de vouloir imposer à tous leurs conceptions: la transformation de l'Eglise de force morale et spirituelle en force politique ne pourrait qu'entraîner son rejet par le reste de la société.
oui, il y a danger.
S'il le faut nous irons dans la rue le proclamer
Merci beaucoup pour cette belle réflexion!
COMMENTAIRES SUPPRIMES PAR ERREUR : PAKITO ET DEUX AUTRES
Je suis bien désolé, j'ai supprimé par erreur (au lieu de publier) 3 commentaires intéressants : l'un était une réponse à Francis Raugel, auteur d'une tribune dans La Vie sur la "Charia catholique", l'autre était de Pakito qui donnait son point de vue en tant qu'homosexuel, et un 3ème dont le nom m'échappe.
Je ne sais si vous avez gardé en mémoire votre commentaire mais vous êtes invités à le reposter, je vous répondrai avec plaisir...
Je félicite Guillaume pour cette belle analyse. Nous sommes bien "chrétiens dans la cité" et à ce titre nous devons promouvoir le mariage civil qui est encore la condition sine qua non pour se marier l'Eglise. D'ailleurs, des associations comme les AFC l'ont bien compris et font tout pour promouvoir ce mariage civil depuis bien des années. Quand à associer le mot mariage au mot homosexuel, c'est dénaturer le mariage et ouvrir la porte à l'ultime barrière tabou de l'inceste. Que deux hommes ou deux femmes s'aiment, c'est tout à fait leur droit mais que cela devienne une référence pour la société c'est une autre affaire. L'égalitarisme sur lequel s'appuie la théorie du genre conduira l'homme à sa perte.
Alain-M
« la transformation de l'Eglise de force morale et spirituelle en force politique ne pourrait qu'entraîner son rejet par le reste de la société. »
Il y aurait donc, d’un côté des forces morales et spirituelles et de l’autre des forces politiques ?
Il me semblait que la morale était au service de l’épanouissement personnel et collectif… Qu’en est-il du politique ?
Merci !
Oui, il s'agit bien de la loi naturelle dont la mise en oeuvre est non seulement utile mais nécessaire pour le bonheur de l'homme. Et il ne s'agit pas de statistique sur le pourcentage de personnes qui voudraient contracter un "mariage" homosexuel ; mais bien de vérité... qui nous rend libres.
« On s’apprête à brouiller un repère essentiel de la personne humaine : un papa, une maman »
Bouleversement anthropologique, en effet…Et pourquoi pas s’il est positif ?
Mais je crois qu’il serait profondément néfaste pour les enfants…
On parle d’amour… à toutes les sauces. L’essentiel n’est peut-être pas tant d’aimer (ce que tout le monde admet) que d’aimer avec justesse. Il s’agit donc de comprendre les vrais besoins de l’enfant. Je suis convaincue qu’il a besoin de la différence des sexes autant que de la différence générationnelle pour être initié à la justesse de l’amour… parce que l’amour de la mère et l’amour du père ne sont pas le même amour.
La mère initie au présent, elle est présence continue pour l’enfant. Elle le porte à l’intérieur d’elle-même, puis au creux de ce petit monde extérieur où il naît… De cet intérieur à cet extérieur, elle est la continuité, la permanence pour l’enfant qui la reconnaît par son odeur, par les sons de sa voix ou des battements de son cœur etc... Le Pr Delassus dit que le bébé perçoit sa mère comme le prolongement de son propre corps. Cette continuité est fondamentale pour entrer dans le monde en confiance.
La mère initie à l’amour par le corps, elle donne sens par les sens. Elle initie au concret, à la réalité.
Le père initie à l’amour de l’au-delà du corps en enveloppant la mère et l’enfant de sa vigilance, de sa protection.
Le père initie aussi à la dynamique du temps et donc au réel non tangible. En reconnaissant le nouveau-né comme « son » enfant, il affirme qu’il était là avant lui, qu’il est là depuis son origine, et donc que le temps est à la fois dans le sensible –présent, et au-delà du sensible dans son mouvement du passé à aujourd’hui et donc d’aujourd’hui vers un futur. Il ne s’agit pas d’explications mais bien d’initiation, de ce qui est découvert peu à peu à travers le ressenti, le vécu et l’intelligence.
Initiant au réel non tangible, c’est le père qui doit transmettre la loi révélée. La mère bien sûr participe à cette transmission mais toujours en référence à la parole du père qui, lui, fait référence à la transcendance.
Je crois que ce n’est que dans cette cohérence-là –différences des rôles et foi en la loi révélée – qu’il peut y avoir « Pro-création »… sinon, on reste dans la reproduction ou l’élevage. Elevage qui peut être très confortable, très affectueux mais qui manque de racines et d’espérance. Qui détruit donc le rôle du père.
Bien des choses, aujourd’hui, vont à l’encontre de la Procréation, en particulier la télé et tous les médias électroniques qui servent de mère (par le temps passé et les violences émotionnelles provoquées chez les enfants) et de père (le discours répétitif finit par faire loi). Mais est-ce une raison pour rajouter volontairement des distorsions culturelles ?
Merci pour votre belle et intéressante réflexion sur le mariage. De longues années avec des équipes j'ai préparé des "fiancés" au mariage chrétien. Nous avons toujours eu le souci de valoriser le mariage civil dans nos partages. Et cette réalité humaine de l'alliance entre un homme et une femme dans la Cité, futurs père et mère, est dans la loi française et respectée pour célébrer un mariage chrétien. Au fil des années, dans notre société qui se sécularise de plus en plus, la reconnaissance et la valeur du mariage civil nous ont paru d'autant plus nécessaires pour les raisons que vous dites. Trop souvent j'ai participé à des mariages civils se succédant comme une simple formalité administrative alors que la femme et l'homme présents qui vont lier leur vie, fonder un foyer pour le meilleur et pour le pire, les familles, les témoins, les ami-e-s sont en esprit de fête. Oui "Ce qui est en cause, c’est la vérité même du mariage comme bien commun."
Je crois réver; on associe l'homosexualité à l'inceste; on proclame la reconnaissance de la loi naturelle et tout cela par peur que la notion de mariage soit rappelée à l'essentiel ; quand deux êtres veulent donner l'un à l'autre un engagement de don total y compris charnel, ne s'agit-il pas d'un acte et d'une posture fondatrice du mariage qui est fondé sur l'amour et sur l'amour seul entre deux personnes libres et adultes.....que vient faire le recours à la nature ( regardez et vous serez surpris).....Quels sont les peurs qui génèrent cette émotion devant l'application du mariage aux personnes qui s'aiment qu'elles soient hétéro ou homo.
Et si on posait la question vraiment sans a priori. Il me semble que la démarche de "défense" des valeurs....est une démarche purement conservatrice au sens étymologique du mot et sans aucune écoute de l'autre et de la société...dommage.
J Louis
quand deux personnes qui s'aiment fondent un foyer pour ce qu'il ont à vivre et qu'ils souhaitent se donner l'un à l'autre définitivement eet charnellement, n'est ce pas les ingrédients du mariage et qu'importe qu'ils soient du même sexe ou de sexe différents; ils s'aiment, sont adultes s'engagent l'un envers l'autre de façon définitive. Quelle différence et quelle importance qu'ils soient de sexe différent ou de même sexe? merci de m'indiquer la réponse
J Louis (papa et gay)
Voulant contacter Sylviane AGACINSKI pour lui proposer une conférence débat je ne sais pas la joindre ... merci de me donner le contact ...
Cordialement
il s'agit d'une réflexion longue mais fondamentale qu'il est difficile d'éluder : pourquoi l'homme, pourquoi la femme ? et ne pas confondre sexualité et pratique sexuelle : lisez le livre de Sylviane Agacinski, une philosophe, épouse de Lionel Jospin "femme entre sexe et genre" et quelques extraits d'un article du Monde :Dans une civilisation comme la nôtre, héritière du droit romain, le mariage a toujours été l'union légale d'un homme avec une femme, dont il fait la mère de ses enfants : le mot français matrimonial garde la trace du mariage latin, le matrimonium, qui a pour but de rendre une femme mère (mater). Et, si nous sommes heureusement fort éloignés du droit romain et de l'inégalité des sexes qu'il instituait, le mariage n'en repose pas moins encore sur l'union des deux sexes en raison de leur complémentarité dans la génération.
Il est fort difficile de séparer la question du mariage "homosexuel" de celui de l'"homoparentalité", car nul ne peut ignorer qu'un "mariage homosexuel" instaurerait symboliquement comme couple parental deux personnes du même sexe et mettrait en question la filiation bilatérale des enfants (un côté maternel et un côté paternel).
On invoque généralement un culturalisme intégral pour affirmer que le droit civil et particulièrement l'institution du mariage et de la filiation sont de pures constructions, étrangères à la sexuation et à la génération. Mais il n'en est rien, car le lien de filiation unissant un enfant à ses parents est universellement tenu pour bilatéral, et cette bilatéralité serait inintelligible si elle ne s'étayait directement sur la génération sexuée.
Si vous êtes papa Jean-Louis quid de la maman ? volatilisée, disparue , ignorée ... ???