Que contient le dossier ?

Des témoignages de divorcés remariés qui demandent plus de souplesse à l’Eglise, trois encadrés sur des expériences pastorales spécifiques aux divorcés remariés, un débat de fond entre un prêtre et un théologien.

Que dit le sondage ?

1. Les catholiques divorcent autant que les autres.
2. Les catholiques veulent que l’Eglise assouplisse ses règles.

Quel écho la presse grand public donne-t-elle ?

Elle reprend uniquement le sondage, avec l’idée suivante : en matière de divorce, les catholiques font et pensent comme les autres (sur l’impossibilité du remariage religieux et de l’accès à l’eucharistie des divorcés remariés).

L’écho de la presse grand public est-il fidèle ?

Il est partiel mais fidèle. Le sondage est repris sans développements particuliers, il n’y a ni manipulation, ni surexploitation, c’est factuel.

Le sondage est-il sérieux ?

Il est éminemment contestable, principalement pour deux raisons :
1. Il semble ubuesque de passer au crible d’un sondage le sacrement de mariage et celui de l’eucharistie. En effet, les sacrements ne relèvent pas du domaine de l’opinion, mais de l’assentiment libre de la foi. Quant à la question de l’accès à la communion des divorcés remariés, elle échappe par nature au domaine de l’opinion publique car elle est théologique.
2. L’élément déterminant dans le sondage se trouve dans l’opinion supposée des « pratiquants réguliers », qui penseraient massivement comme tout le monde, à savoir que « l’Eglise devrait adopter une attitude plus souple ».
Or :
A. Le sondage a été réalisé auprès de 1 000 personnes. Compte-tenu du faible taux de pratique religieuse, le nombre de « pratiquants réguliers » de l’échantillon n’excède probablement pas 200 personnes (le chiffre n’est pas précisé dans la fiche technique du sondage).
B. Pour connaître l’opinion des « pratiquants réguliers » sur une question ou une autre, il conviendrait de réaliser un sondage sur un échantillon de 1 000 pratiquants réguliers, fondé sur des critères solides et sociologiquement représentatifs (si tant est que le recours au sondage ait un sens).

Résultat

En interrogeant une ou deux centaines de catholiques, appelés « pratiquants réguliers » selon des critères extensifs, une idée a été massivement diffusée auprès du grand public : en matière de divorce, les catholiques font et pensent comme les autres.

Questions

1. Si en matière de divorce, les catholiques font et pensent comme les autres, que vaut le témoignage de fidélité des couples et familles catholiques ?
2. La presse catholique a-t-elle une vocation et une responsabilité spécifiques, particulièrement quand il s’agit de rendre compte de débats internes à l’Eglise ? Quelle image de l’Eglise et des fidèles renvoie-t-elle ?

Guillaume de Prémare

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